Trajet historique

La terre de nos aieux (Voyage dans le temps)

Introduction

Nous sommes autour de 1750. François Bornival, possiblement militaire de son état, dans la quarantaine avancée et résidant à Méry en Picardie, s’embarque pour la Nouvelle-France. Influencé sans doute par les avantages pécuniaires consentis par le Roy, il décide après sa démobilisation de demeurer en Amérique. Nous le retrouvons en 1751 aux Forges du St-Maurice où il est employé. Le 21 juin 1751, il épouse à ce dernier endroit Angélique Denevert-Boisvert la fille d’un aubergiste local. Trois de leurs enfants naissent à cet endroit. En 1758, ils inhument leur fille Marie-Angélique à Pointe-du-Lac. Avaient-ils quitté les Forges? S’étaient-ils déjà attachés à Godefroy de Tonnancour, grand propriétaire terrien, qui possédait entre autres une seigneurie qui allait de Trois-Rivières à Yamachiche?

Au recensement de 1763 nous les retrouvons, avec trois de leurs enfants, à Yamachiche dont la population à cette époque était presque aussi importante que celle de Trois-Rivières ou de Rivière-du-Loup (Louiseville). Nous ne savons pas où exactement à Yamachiche la famille s’est établie originalement. Nous savons cependant qu’en 1764 et 1765 François achète 150 arpents de terre situés dans le fief de Tonnancour,  les derniers 75 arpents achetés directement de Godefroy de Tonnancour, seigneur dudit fief. Le régime anglais est à ce moment bien établi. Notre François (qui ne savait écrire) n’est probablement ni un noble ni un notable car il serait probablement reparti pour la France après 1760. Cependant, l’achat de deux terres d’assez bonne dimension indique certains moyens financiers qui accrédite la thèse d’une carrière militaire.

Ce sont les descendants de ce François qui défrichèrent les terres environnantes, particulièrement celles du présent village de St-Barnabé,  pour finalement se disperser aux quatre coins de l’Amérique. Vous pourrez à l’aide de la carte moderne ci-jointe suivre les premiers pas de ces défricheurs, de ces pionniers que furent nos ancêtres.

Itinéraire

Nous sommes à la jonction du Chemin du Roy (route 138) et du Boulevard Trudel et vos odomètres sont à zéro. Vous vous dirigez vers le nord.

Tout de suite après la voie ferrée et ce jusqu’au « chemin des Caron vous êtes dans ce qui se nommait autrefois « le rang vide-poche ». Selon les historiens, ces concessions agricoles étaient difficiles d’accès. Les habitants partaient donc en début de semaine avec des sacs pleins de provisions et revenaient la fin de la semaine avec ces mêmes sacs vides; de là l’expression « vide poche ». Selon certaines sources, François (Jean-Baptiste, Michel, François le Picard) le patriarche de la branche la plus prolifique y aurait élevé sa famille; information suspecte compte tenu du fait que François était marguillier à St-Barnabé en 1850 et qu’il a été impliqué dans l’édification de l’église de St-Barnabé.

À environ 8 kilomètres, vous descendez « la côte à Bournival » et un pont qui traverse la petite rivière Yamachiche. les deux Les deux terres achetées par François en 1764 et 1765 étaient situées au nord de cette rivière, du côté de St-Barnabé. Vous remarquerez à gauche, à mi-hauteur, un plateau. C’est à cet endroit semblerait-il que François Bornival dit le Picard y bâtit sa première maison. D’autres prétendent que la maison blanche à gauche en haut de la côte a été érigée sur les ruines de la maison de François. Même si nous ne sommes pas certains de la location exacte de cette première exploitation agricole, nous savons qu‘une centaine d’années plus tard il y avait au moins trois exploitations agricoles Bournival dans ce secteur : En effet, la veuve de Jean-Baptiste (Michel) en vendit une en 1857, Jean-Baptiste fils de Jean-Baptiste en vendit une autre en 1862, laquelle ferme, selon le contrat de vente, était bordée au nord par la ferme de Augustin Bournival. Gisèle Bournival-Grenier situe la maison de Augustin (et de Exilia) au 510 Chemin Grande-Rivière. La maison blanche à gauche mentionnée un peu plus haut côte est probablement la maison que Jean-Baptiste @ Jean-Baptiste vendit à Théodore Gélinas vers 1862. Le système routier était à peu près inexistant à cette époque, le développement se faisant principalement  le long des cours d’eau, il est donc difficile de situer exactement ces installations. 

À 10.2 km la petite route à droite qui se dirige vers le chemin de la Grande-Rivière-Nord se nomme toujours la Route Bournival. Ce chemin  passait à l’époque sur les terres de nos ancêtres. C’est la route qu’ont assurément suivit nos ancêtres dans leur migration car le développement à cette époque se faisait généralement près des cours d’eau. 

À 18.0 km, à la prochaine jonction en T,  tournez à droite vers St-Étienne des Grès. Continuez sur cette route jusqu’au pont des Dalles, un peu passé l’entrée du 2ième rang St-Barnabé. Vous verrez le lit de la rivière qui est creusé dans le roc et les rives qui ont l’aspect de dalles de ciment, d’où le nom de « pont des Dalles ». C’est ici que vers 1857 Joseph Bournival et ses frères ont bâti un moulin à scie en vue de la construction de l’église de St-Barnabé. Pour retracer les vestiges de cet ancien moulin, le visiteur doit suivre un  chemin étroit qui longe la berge à droite vers le sud, sur une distance d’environ cinq arpents. Ayant contourné la courbe de la rivière, il se trouve en  présence du site historique à explorer. De nos jours, seules de fortes tiges de fer enfoncées dans le galet rappellent l’immense digue qui barrait la rivière. En examinant la géographie du terrain vous pourrez  facilement vous imaginer le travail qu’il fallut pour ériger un barrage à cet endroit. En 1924 le moulin fut emporté par une crue printanière inhabituelle. Les habitants ont échappé de peu à la mort. La maison verte à l’entrée du pont et les terres des deux côtés de la rivière appartiennent maintenant à Diane Bournival (Normand, Gustave, Éphrem, Onésime).

Les visiteurs désirant s’écarter un peu du circuit proposé ici peuvent continuer sur cette route jusqu’à St-Étienne. Ils trouveront sur la rue Principale de ce Village le « Marché Bournival », commerce acheté en 1922 par Théodore fils de Hyacinthe et repris par la suite par Rosario, Alban et maintenant François Bournival. Si vous poursuivez jusqu’au  7ième rang (au bout de la rue principale) vous y découvrirez plusieurs exploitations agricoles «Bournival » dont la terre que Hyacinthe acheta pour son fils Théodore en 1874, qui est toujours exploitée par un petit-petit fils. 

À 20 km, revenez sur vos pas et tournez à droite dans le 2ième rang St-Barnabé, secteur qui s’appelait à l’époque le Rang Bournival et qui fut en grande partie défriché par nos ancêtres. À la jonction de la route 138 vous êtes au centre de ce qu’était alors le Village Bournival (encore indiqué sur les cartes officielles). En plus des fermes exploitées par nos ancêtres, nous retrouvions au cœur de ce « village », immédiatement au nord du Boulevard Trudel, à gauche, le magasin général et le bureau de poste (appelé poste Bournival) opéré par Welly, aidé de Hyacinthe. Voisin, au nord, se trouvait la beurrerie de Lésime fils de Hyacinthe, dans laquelle il perdit malheureusement la vie de façon accidentelle et quelques mètres plus loin enfin l’école du rang (toujours debout) par où beaucoup de nos ancêtres sont passés. Un peu plus loin à droite, la ferme extrêmement moderne de Raymond Bournival (Hervé, Albert, Caris, Hyacinthe), qui tient beaucoup plus du complexe industriel que de la ferme traditionnelle, qui illustre le travail effectué par nos ancêtres et le chemin parcouru par leurs descendants. 

À 22 km, ceux désirant s’écarter un peu du circuit officiel peuvent aller à droite vers Shawinigan où ils trouveront le 3ième rang de St-Barnabé. Les terres au bout de ce rang, après la côte, ont été défrichées par Caris Bournival @ Hyacinthe et ses fils et sont encore exploitées aujourd’hui par leurs descendants. C’est un village Bournival en miniature! Pour les autres, tournez à gauche au coin du Boulevard Trudel et dirigez-vous vers le Village de St-Barnabé.  Tournez à gauche à la jonction 351 et ensuite à droite. Une fois dans le village, empruntez la rue Duguay à gauche (du nom d’un évêque de l’époque) et vous voilà dans le stationnement de l’église. Un peu plus loin sur la gauche vous trouverez le terrain municipal, site de la réunion d’aujourd’hui, et le cimetière. 

La paroisse de St-Barnabé de Gatineau ( érigée en partie sur le fief du même nom) fut fondée officiellement le 13 janvier 1835. Son bureau de poste reçu le nom de St-Barnabé-Nord pour le différencier de celui de St-Barnabé-Sud  situé dans le diocèse de St-Hyacinthe. Parmi les premiers colons résidant sur le sol de St-Barnabé en 1800, nous retrouvons entre autres Jean-Baptiste Bournival et Michel son père. Le premier maire  fut Antoine Bournival qui possédait selon les recensements de l’époque un magasin général. Il fut élu une première fois en 1855 et une seconde fois en 1860. Hyacinthe fut maire en 1900 et Sinaï en 1912 et 1931.

 Une première chapelle-église fut construite en 1832 et une église en 1859 laquelle fut consumée par le feu en 1972.  François et Joseph furent parmi les signataires de la pétition visant l’érection de ce premier temple. La liste des « propriétaires de banc » lors de l’inauguration incluait les noms de Antoine, Joseph, François, Hyacinthe et Augustin Bournival.

Ceci complète le circuit officiel. Avant de vous asseoir et de fraterniser avec vos cousins et cousines je vous invite à visiter les environs immédiats. Vous trouverez en face de l’église, au nord de la rue Notre-Dame, un très joli parc. De l’autre côté de ce parc, coin St-Joseph et  rue du Parc) se trouve la résidence qui abritait la banque de Alfred dit le Banquier. Complètement au bout de cette même rue sa résidence, qui est toujours en excellente condition. Si vous revenez sur Notre-Dame et tournez vers la gauche, au coin de St-Georges vous trouverez la maison du Dr Origène Bournival, médecin du Village qui abandonna éventuellement sa pratique pour devenir un industriel important, fabricant de machines-outils.

Au cimetière vous trouverez beaucoup de nos ancêtres. J’attire votre attention sur le monument le plus important, au centre. Ce monument fut érigé en 1925 par Thomas « de la Ville Bournival », fils cadet de François et marchand important aux Trois-Rivières, lors du décès de son frère aîné Hyacinthe. Vous noterez l’épitaphe qui se lit : au pied de cette croix repose les descendants de François Bournival, ce qui explique la présence de Maxime et quelques autres membres de la famille à cet endroit. 

Nous espérons que vous avez fait bon voyage sur la terre de nos aïeux.

le comité des fêtes et l’exécutif du regroupement des Bournival

24 juin 2001