Recherches

Recherches de Suzanne Bournival en sol européen

II y a peu de temps encore nos racines européennes nous étaient  à peu près totalement inconnues. Nos ancêtres étaient probablement / possiblement des militaires (chevaliers) qui allaient d’un endroit à un autre, au gré des guerres ou de leurs intérêts financiers …ce qui a évidemment pour effet de brouiller les pistes.

Suzanne (Rosaire, Théodore, Hyacinthe) nous a fait faire des pas de géant dans ce secteur.  On sait maintenant qu’une famille de puissants chevaliers, du nom de Bornival, vécut en Wallonie (Belgique d’aujourd’hui) du 13ième au 17ième siècle. On sait aussi maintenant qu’ils y construisirent des châteaux;et qu’ils guerroyèrent un peu partout en France et aux Pays Bas. Le village de Bornival près de Nivelles porte toujours leur (notre) nom.

Suzanne continue ses recherches sur le terrain avec énergie et après chacun de ses voyages elle nous fait part des résultats obtenus. Rapport que nous publierons dans ces pages.

Recherches Européennes – Août 2000

Ma dernière communication date du 28 avril, suite au visionnement de microfilms chez les Mormons. Depuis, je me suis rendue à Amiens où j’ai consulté :

  1. Les archives municipales d’Amiens.
  2. Le Baillage (archives départementales de la Somme).
  3. Liste alphabétique des mariages de 1650 à 1752.
  4. Trois différents catalogues de généalogistes
  5. Microfilms
  6. Les Picards au Canada- Livre du docteur Lomier, 1926
  7. Documents divers

J’ai pu, dans un catalogue de mariage retrouver ce Pierre Bornival (07-05-1696) dont je vous ai déjà parlé. À côté de son nom figurait: profession “soldat”. J’ai retrouvé quelques générations d’ascendants de sa femme Marie-Madeleine Lorion fille de Jean-Louis Lorion et Marie Sarrazin. J’ai aussi relevé l’ascendance de Nicolas Gorin le mari de Marthe Bornival mariés le 8 septembre 1695, il était le fils de Benjamin Gorin et Madeleine Sauval. Il est toutefois remarquable qu’aucun lien d’ascendance des Bournival eux-mêmes n’a été trouvé. Il me reste à retrouver l’acte de naissance de ce François né le 16 septembre 1699 à la paroisse St-Firmin à La Porte d’Amiens. Une correspondance est établie en vue de retrouver la filiation de ce François dont la date de naissance coïncide avec l’âge de notre ancêtre.

Ce sont peut-être des miettes que je rapporte, mais une chose est en train de se vérifier à travers ces recherches, c’est que les Bornival ne venaient pas de cette région de France mais y étaient de passage !

Dans une revue de la littérature, j’ai retrouvé la preuve que Cambrai en Picardie (France) était le chef-lieu religieux du Brabant comme le disent Tarlier et Wauters (1862) parlant de la Ville de Nivelles: “Elle est très formellement placée en Brabant dans un comté qui dépendait presque entièrement de l’Évêché de Cambrai par un diplôme du roi Henri III de l’an 1041 (est ecclesia quidam in pago Brabanti sita vulgo Nivella dicta)” Cambrai est devenu le détenteur de toutes les archives religieuses et notariales de l’époque pour le Brabant et la Picardie. C’est donc a Cambrai que mes prochaines recherches vont se situer parallèlement à celles que je mène aux environs de Nivelles, Louvain et Bruxelles.

La famille Bornival a laissé sa marque dans l’histoire et la géographie Belge. C’est vraisemblablement le lieu d’origine et de vie de la famille jusqu’à la migration de François. Le 19 mars j’écrivais à Paul, suite à certaines de ses interrogations qui sont peut être celles de tous :

J’ai eu l’occasion d’acheter quelques livres anciens où il est question à plusieurs reprises de la famille. Et pour donner corps à mes hypothèses voici un extrait de “l’histoire des environs de Bruxelles” (Wauters, 1855-1857).(1):

Voici un autre extrait du livre de Tarlier et Wauters (1862):

J’ai situé sur la carte tous ces endroits et photographié la rue de Bornival.

Je vous donne toutes ces informations en vrac si des précisions sont nécessaires je tenterai de vous les fournir au meilleur de ma connaissance. D’ici là mes recherches se poursuivent et avec l’aide “d’âmes bien nées”, je saurai faire un peu d’ordre dans toutes ces données que je possède.

(1) Wauters, A. (1855-1857). Histoire des environs de Bruxelles. Bruxelles: Decq

(2) Tarlier,J. & Wauters,A. (1862). Géographie et histoire des communes belges. Bruxelles: Decq.

Octobre 2000

Suivi de mes recherches européennes (Suzanne Bournival)

J’ai visité La Rochelle, l’endroit exact d’où est parti Champlain en 1603, destination Nouvelle France. Dans l’église, j’ai remarqué les noms des soldats morts à différentes époques, noms qu’on retrouve au Québec. Certains étaient originaires de Picardie, du Brabant et d’Amiens. Rien toutefois en rapport avec Boumival, mais il s’agit là d’une indication de la grande mouvance des troupes qui se déplaçaient de l’Autriche à l’Espagne, du Brabant à la Bourgogne et à toutes les villes portuaires, car ces déplacements se faisaient souvent par voie maritime. De retour à Bruxelles j’ai pris rendez-vous avec: le musée communal de Woluwé St- Lambert, la maison de la culture, le conservateur des papiers anciens de l’Université Libre de Bruxelles, les archives et le musée de Cambrai et avec mes  différents contacts de Nivelles. Nous avons aussi dîné avec deux Procureurs du Roi qui furent très attentifs à notre histoire et qui restent fort intéressés.

 Journée à Cambrai

 J’ai consulté des catalogues de généalogistes, des micro-films, des livres anciens – documents de toutes sortes. J’y ai trouvé : 

Mariage, Paroisse St-Martin de Cambrai (1710)Charles Bornival et Catherine Canterelle

Baptêmes Paroisse St-MartinBornival Nicolas Charles (sans date)Bornival Charles François, 1715Bornival Marie Michèle, 22 février 1712Bornival Marie-Aldegonde, 25 janvier 1714(tous enfants de Charles et de Catherine Canterelle

Sépultures Paroisse St-MartinH. Bornival (non daté)Bornival Marie Aldegonde, 3 février 1717- âge : 3 ansBornival Charles 31 décembre 1718, âge : 2 ansBornivalle Marie-Michèle, 3 décembre 1734, âge : 23 ansde Bonnival Charles François, 19 janvier 1721, âge : 4 ½Bonneval CharlesBonival, 1709 (enfants de Charles Bonival, et de Glande C. Vampon,            avant son mariage avec Catherine Canterelle)

Naissances – Paroisse de la Madeleine de CambraiBornival Marie-ElizabethBornival Jeanne  

Sépultures – Paroisse St-Sauveur de CambraiBornaval François 1750, enfant de 3 mois fils du Pierre Renaud Bornivalsoldat de l’Année Royale

Je reste toujours avec l’énigme non résolue de cette naissance de François Bornival né le 16 septembre 1699 en la Paroisse St-Firmin à la Porte, Amiens.

Voilà pour  Cambrai. Ces renseignements trouveront leur sens quand ils seront additionnés et recroisés avec d’autres données. 

Pour continuer mon récit de façon chronologique, j’en suis rendue à jeudi le 19 octobre. Un  journaliste du Journal “Le Soir”, le quotidien le plus lu en Belgique francophone, est venu me faire raconter notre histoire. Il était accompagné de M. René Fayt, conservateur de la réserve de “papiers précieux” de l’Université Libre de Bruxelles. Ce journaliste, Jean Vadenvries, a fait l’entrevue à l’hôtel, et m’a donné rendez-vous le lendemain à Bornival, accompagné de mon bon ami M. de Lalieux pour une séance de photos, ce qui a résulté dans l’article paru le 23 octobre, et intitulé “Suzanne Bournival en terre promise”. M. Jean Vandendries, en sa qualité de journaliste et comme résident de Nivelles, a été chargé par la municipalité de démêler les papiers anciens non classés et non répertoriés du canton de Nivelles. Il passe plusieurs heures par semaine à faire l’inventaire de milliers de documents anciens qui ont été retrouvés dans des caisses sous l’hôtel de Ville. Il a promis d’être attentif à tout ce qui concerne Bornival. Il a déjà publié 8 livres sur la région. 

En après-midi, rendez-vous au Musée Communal de Woluwé St-Lambert avec le conservateur de ce musée M. Marc Villeirs. Licencié en Histoire. M. Villeirs, suite à mon téléphone de lundi, m’avait préparé un dossier concernant la présence des Bornival à Woluwé St-Lambert. Nous avons discuté de différentes hypothèses et de l’orientation de mes recherches. M. Villeirs, après longue consultation de documents historiques  est d’avis que , et je cite : “Si vous ne trouvez pas l’évidence de votre rattachement à la famille noble de Bornival, il existe cependant une très haute probabilité que ce soit cette même famille qui soit à l’origine de la vôtre, puisque le nom qui semblait éteint ici se retrouve à peu près à la même époque au Québec. Vous ne pouvez pas actuellement vous rattacher à une certitude absolue mais à un très haut degré de probabilité. Il n’y a pas eu d’autres traces de Bornival dans l’histoire que de cette famille du Roman Païs”. 

M. Villeirs, comme historien, aimerait nous aider à trouver cette certitude absolue. De toutes ces personnes, témoins de notre recherche, peut venir un faisceau de lumière nous donnant accès à la grande clarté que nous cherchons tous

Extrait du «Bornival» de septembre 2003

CHRONIQUE DU ROMAN PAIS    par Suzanne Bournival

Dans une revue éditée par la Fédération de tourisme du Hainaut et datée d’avril 1966 j’ai trouvé un article intéressant et qui fait référence à la famille à une époque précédant la venue des Borgnival sur les lieux qui ont pris leur nom. Il s’agit d’un petit village appelé Marcq où les Borgnival résidaient et possédaient un château. J’ai d’abord fouillé dans le Dictionnaire Historique et Géographique des  Communes Belges de Eugène de Seyn, 1934, pour tenter d’identifier le lieu appelé Marcq. Voici ce qui est écrit: «Marcq- Commune de la province de Hainaut située sur la route d’Enghien. L’Église date de 1440, tour romane du 11e siècle. En 1144 Nicolas évêque de Cambrai donne l’autel de Marcq à l’abbaye  de Ghislinghiem.Une chaussée romaine traverse le territoire. Ce village était une possession de l’abbaye de Liessies. On y trouvait le fief de Bornival comprenant un château d’une construction assez curieuse qui fut démoli au commencement du XIX siècle.» À la lecture de cet article qui m’est parvenu par l’entremise de M. de Lalieux,j’ai donc encore une fois pris le bâton du pèlerin, et me suis rendue sur les lieux historiques mentionnés.

Les habitants du village à qui je me suis adressée m’ont immédiatement indiqué l’endroit qu’ils nomment toujours la «Motte Bornival» Rien ne nous distrait de cette Motte, elle est vite repérée et devient le but ultime de cette promenade. En suivant un sentier un peu boueux (nous sommes en février), j’ai franchi la Marcq par un petit pont de vieille brique qui menait jadis au château, pour ensuite  faire une visite à la chapelle Notre Dame de la Garenne, réputée pour guérir les fiévreux. Le pont et la  chapelle sont des vestiges encore bien gardés qui sont pour les promeneurs du dimanche un but, une visite  et, qui sait, peut être même un lieu de rendez-vous fiévreux. Une vieille ferme située à proximité de l’église, et qui fait office de musée renferme quelques vestiges de ce château. Accompagnée par mon mari et par M. de Lalieux, tous trois avons été accueillis par M. et Mme Darbé propriétaires de cette ferme- musée, et qui étaient un peu ébahis de rencontrer une personne portant le nom  Bournival, celui de la  «Motte historique» qui orne comme une présence mythique le coeur de leur village.

Nous sommes  retournés sur la Motte et Monsieur Darbé, armé d’une pelle, nous a mis à découvert quelques pierres de la  fondation et indiqué un affaissement qu’il croit être la cave. Cette visite fut un enchantement et une trace nouvelle que nous avons bien piétinée à la recherche d’indices. Monsieur Darbé a mené une recherche sur les origines de son village qui porte le nom de Marcq ( d’après le nom d’un ruisseau qui le traverse) . Dans une chaleureuse salle à dîner, près d’un bon feu, tout en dégustant une bonne bière belge, il nous a  longuement entretenu de ses recherches et de ce que la légende avait colporté au fil des siècles pour arriver jusqu’à nous. Documents à l’appui, il nous a fait parcourir à rebours les méandres de l’histoire, et nous a amenés jusqu’à ce fier et valeureux chevalier connu pour ses faits d’armes et pour son glorieux rôle auprès du Duc de Brabant, et ce n’est nul autre que Biernar de Bornival 1er, seigneur de Bornival après son père René,et qui figurait en 1328 parmi les brabançons envoyés à l’aide du roi de France contre les Anglais. Biernar avait épousé Juliana  de Struve, fille de Henri de la puissante maison d’Enghien. Cette alliance lui apporta la seigneurie foncière de Marcq connue par la suite sous le nom de Bornival.

Voici ce qu’en dit Jean Godet dans son article intitulé «Marcq où fut jadis Borgnival» (Tourisme Hainault,  avril 1966) Sur le territoire Marcquois -nous l’avons dit s’élevait jadis le château de Borgnival, démoli au début du siècle dernier. Il faut d’autant plus regretter sa disparition que c’était, paraît-il, une fort curieuse bâtisse. Dans une prairie entourée d’arbres et située entre l’église et la ligne de chemin de fer- celle-ci heureusement invisible- se trouve toujours le tertre arrondi sur lequel reposait le manoir. Le ruisseau de la MARCQ coule à quelques pas.

Adossée à un talus herbu, une vieille et délicieuse petite chapelle qui se profile à l’arrière-plan ajoute encore au romantisme du lieu. Les démolisseurs de Borgnival en avaient  épargné une faible partie. Ces restes du château subsistèrent quelque temps et plusieurs pauvres ménages y trouvèrent même un abri. À la fin du siècle dernier, grâce au tracé de certaines allées et au trajet suivi par le ruisseau de la MARCQ  l’on pouvait avoir quelque idée de la disposition de l’ancien parc seigneurial.

Il n’en est malheureusement plus de même aujourd’hui. (…) Un vieil encadrement de pierre, datant vraisemblablement du 15e siècle, resta longtemps solitaire entre deux tronçons de baie. Cet encadrement n’appartenait pas au manoir disparu : c’était celui d’une porte latérale de l’église Saint-Martin, porte qu’on avait dotée de nouveaux montants. «Envolé» lui aussi. Il y a trois ou quatre décades, le vénérable vestige archéologique s’était trouvé à Borgnival, on ne sait trop pourquoi. Quant aux fondations du château, il paraît qu’elles existent toujours.  À proximité de la mottede Borgnival apparaît, nous l’avons dit, une  vieille et charmante petite chapelle connue sous l’appellation de Notre-Dame de la Garenne, ceci du fait qu’elle est située sur les lieux mêmes où se trouvait l’ancienne garenne du manoir de Borgnival. (…)

Les habitants de MARCQ à la fin du siècle dernier du moins, tenaient en toute particulière vénération Notre-Dame de la Garenne qui guérissait les fiévreux. Aussi faisait-on, par l’un de ses proches, lier sa fièvre aux barreaux des fenêtres de la chapelle. Cette ligature médico-religieuse s’exécutait au moyen d’un bout de  ruban ayant touché le malade ou de quelque jarretière à son usage. Pareille thérapeutique était, paraît-il, un héritage des temps celtiques.» Le Brabant, à cette époque, dépendait du diocèse de Cambrai  Picardie, du moins sur le plan religieux. À remarquer, la naissance d’un François Bornival (16 septembre 1699) dans ce diocèse, plus précisément en la paroisse St-Firmin à la Porte d’Amiens dont j’ai pris  connaissance dans les archives et que je vous ai transmis dans un communiqué précédent. Le château de Borgnival dont il est question dans ce texte n’est pas le même que le château de Bornival que nous connaissons déjà. Ce dernier se trouve dans le village auquel il a donné son nom, Bornival, près de Nivelles, toujours dans le Roman Païs, au Brabant. Celui de Marcq est à une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau du premier.