Amérique


Le berceau de la famille Bournival en Amérique est 
Yamachiche et le premier à y établir ses pénates fut François Bornival dit le Picard fils de François Bornival et de Anne Josselin mentionnés plus haut. Nous ne savons pas exactement quand celui-ci foula pour la première fois le sol de la Nouvelle-France. Il existe plusieurs possibilités, mais deux retiennent notre attention:  

 
selon la 
tradition orale, consignée par Soeur Marie de la Passion, Soeur du Précieux-Sang, de la lignée de Théodore à Hyacinthe, ce serait au printemps 1751, juste avant son mariage; théorie illustrée dans ce doux poème soumis par notre cousine Suzanne; ou

 
selon la tradition régimentaire en vigueur à l’époque, les militaires se voyaient tous affublés d’un sobriquet par leurs frères d’arme. Comme notre ancêtre portait celui de  “le Picard”, le Centre des recherches généalogiques du Québec avance que François était possiblement un militaire qui aurait choisi de demeurer en Nouvelle-France après sa démobilisation. Sa date d’arrivée en Amérique pourrait donc précéder de plusieurs années son mariage en 1751.  
 
Le premier témoignage de sa présence en terre d’Amérique est son 
contrat de mariage
 
devant le notaire Pillart  daté du 14 juin 1751. En effet, celui-ci épousait le 21 juin 1751, à l’âge de 53 ans,  Angélique DeNevers dit Boisvert aux Forges du St-Maurice, près de Trois-Rivières, une jeune fille de près de 30 ans sa cadette. Le contrat de mariage de François indique que celui-ci travaillait aux Forges du St-Maurice, le premier complexe industriel d’importance en Amérique. Lui et Angélique demeurèrent à cet endroit jusque vers 1758. 

 
Après un court intermède à Pointe-du-Lac (?) ou ils inhumèrent une de leurs filles (François avait-il quitté son emploi aux Forges du St-Maurice? S’était-il attaché aux Tonnacour propriétaire de la seigneurie de la Pointe du Lac?). C’est vers 1760 qu’ils s’établirent à quelques kilomètres plus à l’ouest à 
Yamachiche; le recensement de 1763 témoigne en effet de sa présence à cet endroit  ainsi que celle de son épouse et de trois de leurs enfants. Nous ne savons pas exactement où à Yamachiche François et sa famille se sont initialement établis. Nous savons cependant que le 15 octobre 1764  il acheta (Notaire Royal Pillard) d’un certain Joseph Leblanc une terre de 75 arpents ( 3 arpents de front sur 25 arpents de profondeur)  située dans le fief de Tonnancour.  Nous savons aussi que l’année suivante, il récidiva en achetant de Joseph Godefroy de Tonnancour– seigneur dudit fief, une autre pièce de  75 arpents, dans le même secteur, ce qui en faisait un propriétaire terrien assez important pour l’époque. 

I
Il faut se rappeler que nous sommes au tout début du régime anglais. François n’était ni noble ni un notable car il serait probablement retourné en France, l’achat de deux terres pourrait cependant accréditer les antécédents militaires de notre ancêtre.  Cette partie de Yamachiche devint en 1932 la paroisse de St-Barnabé-de-Gatineau (Bureau de poste de St-Barnabé-Nord) où nous retrouvons encore aujourd’hui: la Côte à Bournival, le Chemin Bournival et le Village Bournival (2ième rang) . 
 
François et Angélique mirent au monde sept enfants dont trois leur donnèrent des petits-fils et petites-filles: Michel,  Marie-Thérèse et Angélique. Il faut toutefois savoir  que François et son fils Michel ne mirent au monde qu’un seul héritier mâle chacun. C’est Jean-Baptiste fils de Michel qui sauva la race en donnant naissance à cinq fils. Les Bournival descendent donc tous de ce Jean-Baptiste et ce sont les descendants de ces cinq fils qui défrichèrent les terres environnantes, St-Barnabé, St-Élie, St-Étienne, St-Thomas, St-Narcisse, St-Sévère, St-Boniface etc.,  pour éventuellement essaimer aux quatre coins de l’Amérique du Nord où nous les retrouvons encore aujourd’hui. François s’est éteint le 16 août 1790 à l’âge vénérable de 92 ans.